Le blog du Petit Vapoteur

Plan cancer européen : la vape, la grande oubliée

23/02/2021  /   L'actu de la vape , L'actu Société/Santé/Loi

Plan cancer européen : la vape, la grande oubliée

La Commission européenne ne fait pas de cadeau à la vape et donc, à la santé publique européenne. En ne la mentionnant pas dans son plan de lutte contre le cancer, elle néglige un outil de réduction des risques liés au tabagisme qui permet à beaucoup d'Européens de se sortir du tabac. 

Rapport Scheer, le flavor ban… : la vape menacée par l’Union Européenne

Diffusé le 3 février dernier Le plan européen pour vaincre le cancer se voulant basé sur la détection précoce, le diagnostic, le traitement, l’amélioration de la qualité de vie et la prévention du cancer, omet le recours à la vape comme solution pour réduire le tabagisme européen. Un oubli ? Rien n’est moins sûr.

Ce n’est pas la première fois que la Commission Européenne méprise la vape. Comme nous l’avions déjà vu dans un précédent article, la Tabacco Products Directive (TPD) approche. Cette dernière prévoit notamment une taxe et l’interdiction de certains arômes en invoquant la nécessité d’endiguer l’effet passerelle chez les jeunes dans son dernier rapport SCHEER. Autrement dit, la Commission européenne considère la vape comme une menace pour les jeunes, car les conduirait, d'après elle, au tabagisme.  

Le mouvement « flavor ban », traduit littéralement « interdiction des saveurs » dans un e liquide, à l’exception de l’arôme tabac, est lancé. Le Danemark l’a finalement reportée, jusqu’à la mise en place d’une "base juridique européenne", déclare le législateur danois. Au Pays-Bas, les vapoteurs s’engagent dans une lutte contre ce mouvement. En juin dernier, dans le cadre de son objectif de « génération sans tabac » d’ici à 2040, Paul Blokhuis, ministre de la Santé des Pays-Bas, annonçait une série de mesures, dont celle du "flavor ban".
Une décision incompréhensible pour l’Independant european vape alliance (IEVA) qui rappelle dans un communiqué de presse :
« -99,8 % des Néerlandais qui vapent sont d’anciens fumeurs
-Le nombre de jeunes qui ont essayé la vape a diminué de 25 % au cours des 5 dernières années
-Seulement 0,2 % des jeunes de 14 à 16 ans utilisent un vaporisateur personnel régulièrement »

Dans ce communiqué, est reprise une déclaration de Riccardo Polosa, Professeur de médecine interne et spécialiste des maladies respiratoires et de l'immunologie clinique à l'Université de Catane :
« La suppression des arômes n’aura pas d’incidence sur les taux d’utilisation d’une e-cigarette chez les jeunes. Mais cela réduira certainement le nombre d’options disponibles pour les adultes qui cherchent à arrêter de fumer pour de bon et trouvent les e-cigs aromatisées efficaces »
En effet, l’étude Associations of Flavored e-Cigarette Uptake With Subsequent Smoking Initiation and Cessation publiée dans la célèbre et renommée revue scientifique JAMA démontre que les arômes, notamment celui de la fraise constituent une aide dans le sevrage tabagique. Les vapoteurs doivent ainsi faire face à des décisions européennes complétement déconnectées de leur expérience d’utilisateur. Les arômes sont un plaisir qui favorise l’arrêt du tabac et les données scientifiques le prouvent !  

Afin de faire entendre leur voix, à l’instar de l’IEVA, la World Vapers’ Alliance (WVA) a réalisé une consultation publique dont la mobilisation ne s’est pas faite attendre.

Au total, parmi les 757 répondants, 746 se prononcent contre une interdiction des arômes dans les e-liquides, soit plus de 98% des répondants. 75 % d’entre eux ont cité l’arrêt du tabac comme raison de ne pas les interdire. Pour Michael Landl, Président de WVA : « Cette extension de la consultation montre, d’une part, que l’ensemble du processus était imparfait dès le départ et, d’autre part, que la pression populaire exercée par les vapoteurs peut changer les politiques. C’est encourageant, mais le combat n’est pas terminé. Nous devons maintenir la pression pour nous assurer que les législateurs ne feront pas passer l’interdiction à un stade ultérieur »

Alors, qu’en pense le législateur français ?

 

Le Plan cancer 2030 : l’urgence d’une politique française de réduction des risques

À ce jour, la France n’est heureusement pas concernée par le flavor ban. Dans l’hexagone, l’étude Programme d'Etudes sur le Tabagisme des Adolescents en vue de sa Limitation (PETAL) de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) ainsi que de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) détient une tout autre conclusion que celle avancée par la Commission européenne. Les adolescents expérimentent en premier le tabac et non la e-cigarette ! Lors du Sommet de la vape en 2019, David Levy, Professeur à l'Université de Georgetown, avait même déclaré : "L'utilisation de la cigarette électronique semble avoir un impact bénéfique sur la santé publique grâce à une réduction de l'initiation à la cigarette. En effet, le développement de la vape a entraîné une accélération du déclin du tabagisme des adolescents et des jeunes adultes. »

En France, causant chaque année la mort de 75 000 personnes dont 45 000 par cancer, le tabagisme reste la première cause de mortalité évitable. L'urgence est de mise ! Le 4 février dernier, le gouvernement français a annoncé se doter pour la première fois d’une stratégie de lutte contre les cancers sur dix ans : le plan cancer 2021-2030. Selon Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé : « Combattre les cancers, c’est s’attaquer à tout ce que ces maladies brisent, bousculent, marquent, endeuillent. C’est relever le défi de la prévention, améliorer la prise en charge des patients, combattre les conséquences de la maladie, ses séquelles tant médicales que dans la vie quotidienne. Et pour mener ce combat, nous déployons aujourd’hui sous l’égide du président de la République une stratégie ambitieuse, dotée de moyens renforcés, porteuse de progrès pour tous, et d’espoirs pour demain ».
Ministre des Solidarités et de la Santé et ancien neurologue au CHU de Grenoble, Olivier Véran est aussi un vapoteur, ce qui fait parfois jaser certains députés de l’Assemblée Nationale qui rappellent dans un tweet que le vapotage dans l’hémicycle (et sous le masque) est proscrit.

En dépit de son emploi du temps surchargé en raison de la pandémie, défendra-t-il le vapotage face aux nouvelles réglementations européennes ? Ses déclarations et sa participation au dernier Sommet de la vape nous laissent penser que oui.

Nous l’espérons, pour les 700 000 personnes délivrées du tabac grâce à la vape (d’après les chiffres de Santé Publique France) et les centaines de milliers de vies qui peuvent être sauvées à l’horizon 2030.

 Claire 

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