Le blog du Petit Vapoteur

Pour en finir avec la désinformation

16/12/2015  /   L'actu de la vape , L'actu Société/Santé/Loi

Pour en finir avec la désinformation

 

Pour en finir avec la désinformation il faut savoir faire le tri et connaître les méthodes les plus classiques qui font le buzz et nuisent à l’image de la vape.

 

Check !

Avant toute chose il est impératif de vérifier la provenance d’un article, d’une étude. Et qui est à l’origine de l’écrit. Il faut savoir que les laboratoires indépendants qui ont les moyens de financer des études en toute liberté ne sont pas légion. Ce que déplorait très clairement le Pr Molimard dans son célèbre « Le mythe de l’addiction à la nicotine ». Donc, des études indépendantes, il n’y en a pas tant que ça. Il est donc facile pour les lobbys de passer commande au rayon j’t’embrouille.

Faire le tri concerne aussi les articles positifs pour la cause de la vape. Un exemple, il y a peu les résultats d’une étude ont été publiés dans le (on l’imagine, sérieux) Journal of Occupationnal and Environnemental Hygiene. L’article parle des particules que l’on trouve dans la vapeur de nos vaporettes. Les résultats sont positifs, les particules sont en dessous des niveaux ‘’quantifiables’’, donc la vapeur des e-cigs peut être considérée comme inoffensive. En conséquence, il n’y aurait pas de vapotage passif.

C’est très bien me direz-vous mais l’article  précise que le test a été effectué avec des cigalikes MarkTen. Produit de la compagnie Altria qui n’est autre que le fabricant des Philip Morris. Le test est en fait une commande du cigarettier.

Ciga-like a rolling stone

Ce n’est pas la première fois qu’un cigarettier commandite une étude en faveur de la cigarette électronique. Lorillard  Tobacco Company avait déjà fait la même chose pour atteindre exactement le même résultat. Les ciga-likes Blu eCigs, c’est eux.

On le comprend sans mal, ce qui est bon pour la ecig est bon pour les cigarettiers tant qu’il s’agit de leurs produits. Et, si on prend quelques raccourcis, tout ce qui touche  à la vape qui ne vient pas de leur giron doit être mis au pilori. C’est qu’il faut les vendre ces ciga-likes.

Donc retenons que devant une  étude, un article, qu’il soit pro ou anti vape il faut toujours se demander d’où vient son origine. Ce qui n’est pas forcément aisé, j’en conviens. Il faut trouver qui est à l’origine de l’article, qui finance l’étude. C’est souvent beaucoup plus instructif que le fond de l’article en lui-même.

Stigmatisation

Autre technique de désinformation : la stigmatisation. Exemple : Il suffit qu’un jeune nantais se fasse exploser la main grâce à du mauvais matériel acheté au mauvais endroit pour que la e-cig soit synonyme de roulette russe. Ce qui ne veut pas dire qu’il est normal de se faire refourguer de la camelote dangereuse par des incompétents. Non. Mais c’est un peu injuste pour l’ensemble des professionnels qui font les efforts nécessaires pour vaper en toute sécurité. Concernant notre nantais, c’est un peu comme les avions. Il suffit qu’un avion se crashe dans le monde pour que tous les autres suivent. Une pluie d’avions ? Non, c’est juste parce que les médias, qui n’en parlaient pas avant, se trouvent avec un sujet qui peut faire de l’audience. Et se mettent à parler des crashs d’avion. C’est pareil pour la e-cig.

Le copier/coller, mal du siècle ?

N’oublions pas que les médias et surtout sur internet, où tout va vite, très vite, ce sont des contenants qui ont besoin de contenus pour vivre. Pour vivre il faut avoir de la pub, de l’audience, de l’info. Et parfois, on n’est pas trop regardant sur la qualité de l’info (le contenu). Pourtant une info a forcément un effet quand elle est lâchée. Et le non-vapoteur qui ne s’intéresse pas forcément à la vape, n’ira pas vérifier l’info mais la considérera comme crédible. Le Copier/Coller est le syndrome le plus virulent de l’internet. Les sites tous publics qui traitent de médecine et de bobologie sont des champions du copier/coller. Et ce n’est qu’un exemple.

Totalement incompétent ?

Encore une technique : l’incompétence orchestrée. 29 septembre 2015, le service de la communication de la DGCCRF publie un communiqué relayé par l’AFP : « 90% des liquides prélevés » se révèlent non-conformes, « 6% présentent un danger et près de la totalité des chargeurs présentent des non-conformités ». Le communiqué fait la une du JT de 20H de TF1. Tollé général chez les professionnels de la vape, les médecins et scientifiques. La Fivape (l’association des professionnels de la vape)  ne décolère pas d’autant qu’elle avait beaucoup travaillé avec la DGCCRF sur l’amélioration des produits de la vape. Quelques jours plus tard la DGCCRF revient sur ce communiqué qui n’a transmis que des informations datant de 2014 sur des produits aujourd’hui obsolètes.  La DGCCRF a beau décliner toute responsabilité, pourquoi se donner du mal à publier une information périmée ?  Peut-être parce qu’on est à la veille du vote de la DPT à l’Assemblée Nationale ? Sans vouloir faire le complotiste, la  coïncidence reste pour le moins étrange.

"C'était mieux avant "

La meilleure pour la fin : L’absurdité du ‘’c’était mieux avant’’, quand les erreurs méthodologiques ont la vie dure. Saviez-vous que la dose mortelle de nicotine pour un adulte n'est pas de 30 à 60 mg de nicotine ingérées, mais de 500 à 1000 mg ingérées. Cette erreur largement répandue au fil des années provient d’une expérience au protocole douteux effectuée par des médecins au XIXème siècle. Il aura fallu attendre 2013 pour que la dose létale de la nicotine ait une étude scientifique en bonne et due forme.

Sur ce, bon courage et bonne lecture...

Pascal

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