Le blog du Petit Vapoteur

L’essentiel sur le tabac chauffé

22/01/2018  /   L'actu du matériel , L'actu Société/Santé/Loi

L’essentiel sur le tabac chauffé

Blog Le Petit Vapoteur

En 2018, on va beaucoup entendre parler du « Tabac chauffé ». Le tabac chauffé, c'est l’alternative choisie par les principaux cigarettiers (Japan Tobacco International, British American Tobacco, Phillip Morris International) pour redorer son blason et concurrencer le vaporisateur personnel, appelé aussi cigarette électronique, qui grappille, doucement, mais sûrement, des « parts de marché ». Donc, des fumeurs…

Chaque géant du tabac tente d’imposer son dispositif de tabac chauffé. Cela ne date pas d’hier, le tabac chauffé sans combustion est un projet de longue date. Une première commercialisation avait échoué il y a une vingtaine d’année.

Blog Le Petit Vapoteur

L’arrivée et le succès de la cigarette électronique semble accélérer les choses. En 2014, JTI lançait sa Ploom, BAT en 2016 testait sa Glo dans quelques pays. Récemment, Philip Morris International, le dinosaure du tabac, annonçait, ni plus ni moins, l’arrêt de la commercialisation de la cigarette traditionnelle dans un avenir plus ou moins proche. Et se consacrer à un nouveau produit, « moins nocif » : le tabac chauffé.

Blog Le Petit Vapoteur

PMI miserait tout sur son dispositif, l’Iqos : « Nous fabriquons un produit qui cause des maladies et je pense que la première responsabilité que nous avons dès que la technologie est disponible, et aujourd'hui la technologie est disponible, est de développer des produits comme celui-là et de les commercialiser dès que possible » André Calantzopoulos (DG du groupe).

Blog Le Petit Vapoteur

Big Tobacco fait son mea culpa et mise tout sur la technologie. L'Iqos est actuellement testée dans une vingtaine de pays, y compris en Europe avec un grand renfort de publicité. En France, l’Iqos est disponible uniquement sur internet depuis mai 2017 (et quelques rares points de vente) et n’a pas encore gagné tous les bureaux de tabac de l’hexagone. C’est l’objectif à long terme.

Blog Le Petit Vapoteur

PMI envisage l'ouverture d'une boutique Iqos sur 3 niveaux à Genève

L’Iqos se présente sous la forme d’un gros thermomètre contenant un « stick », une minicigarette constituée d’un filtre et du tabac. Du vrai tabac, humidifié par ce qui semble être de la glycérine. Ce tabac contient de la nicotine, bien sûr. Une résistance plate chauffe ce tabac de l’intérieur.

Blog Le Petit Vapoteur

Ceux qui l’ont essayé parlent d’un hit fort, peu de vapeur, mais un goût et une odeur résiduelle forte de tabac froid. La diffusion de la nicotine est aussi lente qu’une ecig de deuxième génération. Le stick de tabac doit être fumé rapidement, il sèche vite. Un stick se consomme en 5 à 6 minutes. Les sticks sont vendus par boîte de 20 et coûte 7 € la boîte.

Pour être « rassasié » et avoir la quantité idéale de nicotine, il faut donc utiliser beaucoup de ces sticks pour obtenir le taux équivalent à la consommation habituelle du fumeur. Ajoutez au coût des sticks, l’appareil qui se monte à 70 € avec son chargeur.

Blog Le Petit Vapoteur

PMI assure que son tabac chauffé est le « résultat de 10 ans de recherche, impliquant 300 chercheurs », « … contient moins de substances nocives que la cigarette classique. La nocivité serait réduite de 90% ». Des résultats cependant très opaques tant PMI ne communique pas sur le processus de fabrication et surtout la manière dont le tabac est chauffé avec son Iqos.

Problème pour PMI, une étude indépendante (et bénévole) publiée en Suisse par le journal JAMA Internal Medicine annonce des résultats qui sont loin des promesses du cigarettier.

Blog Le Petit Vapoteur

Pour pouvoir chauffer ce tabac, l’Iqos effectue une pyrolyse (production d’une chauffe intense en l’absence d’oxygène) or, cette méthode produit 4% de monoxyde de carbone, de l’acroléine, du formaldéhyde, du benzaldéhyde, et même du goudron. "La fumée dégagée par l'Iqos contient des éléments provenant de pyrolyse et de dégradation thermochimique qui sont les mêmes composés nocifs que dans la fumée de cigarette de tabac conventionnelle", souligne l'étude menée par le Pr Reto Auer, de l'Université de Berne et coauteur de l’étude Suisse. Bref, l’Iqos est plus toxique que ce qu’annonçait le cigarettier. Pour le Pr Bertrand Dautzenberg  « ... ce produit est fait pour créer de la dépendance (...) une fois allumé, on doit prendre les 10 à 15 bouffées en cinq minutes, contrairement à une cigarette électronique. Cela entraîne des pics de nicotine, phénomène qui augmente le nombre de récepteurs de la nicotine et entretient la dépendance ».

C’est une véritable bataille qui se livre ensuite entre PMI et les chercheurs suisses. PMI ayant exercé de fortes pressions sur l’Université de Lausanne et le journal JAMA Internal Medicine pour que l’étude soit retirée.

Ce qu’il faut retenir :

  •          le tabac chauffé de l’Iqos est loin d’être satisfaisant pour la diminution des risques du tabagisme
  •          les dispositifs Glo et Ploom sont également dans un flou d’informations et d’études
  •          Ces dispositifs contiennent du tabac et ont pour but d’être vendus par les débitants de tabac et leurs filières habituelles. Pour résumer, les buralistes gardent leurs fumeurs à portée de main.
  •          Il ne faut pas confondre tabac chauffé et cigarette électronique qui sont deux dispositifs ayant un fonctionnement différent. Il n’y a ni combustion ni pyrolyse avec une cigarette électronique.

Je vous invite à lire le témoignage de Sébastien Béziau, qui a testé l’Iqos, sur le blog Vap’You.

Blog Le Petit Vapoteur

Pascal 

 

Partager ce contenu

Ajouter un commentaire

 (avec http://)