Le blog du Petit Vapoteur

Le Royaume-Uni susceptible de couper ses financements à l'OMS

16/04/2021  /   L'actu de la vape , L'actu Société/Santé/Loi

Le Royaume-Uni susceptible de couper ses financements à l'OMS 

A force de bouder la vape, la tirelire cochon de l'OMS (Organisation Mondiale de la Sante) pèsera moins lourd... L'OMS verra peut-être son fonds britannique disparaître. Entre 2016 et 2021, le Royaume-Uni lui avait donné 15 millions de livres dans le cadre de la prochaine Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) qui engage les Etats dans la lutte contre le tabagisme. La position antivape de l'organisation mondiale pose question à l'APPG.

L’APPG, un groupe parlementaire britannique sur le vapotage

“Je ne suis ni fumeur, ni vapoteur, mais j'ai lancé l'APPG pour le vapotage en 2014 parce que j'ai vu le potentiel de santé publique de cette nouvelle technologie et comment elle aidait les gens à arrêter de fumer.” introduit Mark Pawsey MP, membre représentant l’APPG (All-Party Parliamentary Group) dans son dernier rapport publié il y a quelques jours. L’APPG est un groupe parlementaire chargé de trouver des lois et réglementations adaptées aux produits du vapotage et de sensibiliser les décideurs politiques sur son potentiel contre le tabagisme. En France, ce groupe d’experts n’existe pas. Le Royaume-Uni mène en effet depuis quelques années une politique qui privilégie le principe de réduction des risques plutôt que celui de la précaution. Outre-Manche, le gouvernement a compris l’intérêt de la cigarette électronique dans le sevrage tabagique. C’est pourquoi, fleurissent un bon nombre d’initiatives exemplaires pour la France comme Vapril, une campagne destinée à informer la population sur la vape se déroulant pendant tout le mois d'avril. 

Ces initiatives et la création de l’APPG en 2014 montrent l’engagement fort du Royaume-Uni dans la lutte antitabac. Pour réussir à vaincre le tabagisme, l’APPG posent 5 questions fondamentales pour juger de la compatibilité de la politique de santé publique britannique avec la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) élaborée par l’OMS. L'OMS considère le vape comme "incontestablement nocive" et fait l'objet de jeux d'influence notamment, le lobbying exercé par Michael Bloomberg (voir notre précédent article). C'est pourquoi, elle cherche à museler le débat autour de cet outil de sevrage en ne donnant par exemple pas de réponse à des associations sans but lucratif à l'instar de la New Nicotine Alliance (NNA) et de l'International Network of Nicotine Consumer Organisations (INNCO). Leurs demandes ? Reconsidérer le rôle de la vape et être intégrées en tant qu'observatrices au sein de certaines réunions. Un silence et un manque de transparence qui en disent long sur les intentions de l'OMS qui ont d'ailleurs été divulguées par erreur avec la fuite de deux documents internes. Ces derniers révèlent la volonté de l'OMS de préconiser l'interdiction des produits du vapotage ou les considérer au même titre que les cigarettes de tabac. 


Face à ces nouvelles, le pouvoir britannique est en train de remettre en question la nécessité de financer l'OMS. Le rapport lui conseille d' "examiner ses options en ce qui concerne le financement futur de l’OMS". Depuis le Brexit, il n'est plus soumis au consensus européen sur la réglementation des produits du vapotage. 

5 questions et une convention cadre (CCLAT) de l'OMS incompatible avec la politique de santé publique britannique ?

Afin de mener à bien son enquête parlementaire, l’APPG a concentré sa réflexion autour de cinq questions principales :

  1. Quel problème ces politiques et positions sont-elles censées résoudre ?
  2. Dans quelle mesure la Conférence des Parties 9 (COP9) de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) justifiera-t-elle les mesures qu’elle propose ?
  3. Transparence et consultation
  4. Explorer la menace de conséquences involontaires des propositions de la Conférence des Parties à la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT)
  5. Etudier la CCLAT

    Pour aller plus loin :

En plus de ces questions, l'APPG a réalisé des témoignages afin d'examiner si la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) rejoint toujours l'objectif gouvernemental. Elle vérifie également la manière d'agir de la Conférence des Parties 9 (COP9) (transparence, consultation des pays dans le travail inter-sessionnel, réalisation de l'ordre du jour...etc.). La COP9 constitue une série de réunions pilotées par l'OMS portant sur la lutte antitabac. Ces réunions servent à donner des directives aux Etats sur le tabagisme.

A la suite de son travail d'analyse, l'APPG élabore les recommandations suivantes :

"1) La délégation britannique à la COP9 devrait souligner le travail qui a été accompli au Royaume-Uni pour faire baisser le tabagisme ainsi que le consensus des opinions des organismes de santé publique britanniques et des ONG sur la sécurité et l'efficacité réelle du vapotage et d'autres produits nocifs réduits dans les efforts de sevrage tabagique et de réduction des risques

2)La délégation du Royaume-Uni devrait se référer à notre ferme engagement à garantir que les produits de réduction des risques ne soient pas confrontés à des problèmes liés aux prétendus «effets de passerelle» et à l'adoption de ces produits par les jeunes. Le Royaume-Uni devrait mettre en lumière les résultats clairs que nous avons à ce sujet.

3)L'approche britannique devrait également être promue dans les articles à venir, tels que le cadre réglementaire attendu de l'OMS pour les nouveaux produits du tabac et les rapports FCTC / OMS attendus sur le vapotage.

4)Si nécessaire, la délégation britannique devrait soulever des objections auprès du Secrétariat de la CCLAT contre toute inclusion de produits de vapotage dans le rapport sur les produits nouveaux et émergents comme dépassant le cadre de son mandat, conformément à FCTC / COP8 (22) 27. Il devrait s'opposer à toute décision proposée par le Secrétariat de la CCLAT ou par une Partie qui inclurait les produits de vapotage dans le champ des recommandations politiques sur les produits nouveaux et émergents, ou qui assimilerait les produits de vapotage aux produits du tabac combustibles.

5)La délégation britannique à la COP9 devrait proposer la création d'un groupe de travail de la COP sur la réduction des risques.

6)Le Royaume-Uni devrait contester la politique indûment restrictive et sélective à l'égard des observateurs de la société civile et des médias autorisés à participer aux réunions de la COP. Les dispositions actuelles créent une chambre d'écho malsaine et non représentative.

7)Le Royaume-Uni devrait travailler avec d'autres États membres qui partagent son approche scientifique et de réduction des risques pour établir une coalition internationale dans le but de réduire les dommages causés par les cigarettes combustibles. Le Royaume-Uni devrait encourager les autres États membres à inclure également des experts de la santé publique en matière de réduction des méfaits du tabac dans leurs délégations nationales de la COP et les événements futurs. En adoptant une approche fondée sur la science, le Royaume-Uni devrait travailler avec nos partenaires de la coalition pour encourager une réglementation garantissant que tous les produits à risque réduit sont d'un niveau élevé de qualité, de sécurité et de performance, en termes de diffusion de nicotine et de chimie de la vapeur."

Le Royaume appelle donc les Etats à agir pour la réduction des risques liés au tabagisme... La France serait-elle au rendez-vous ?

 Claire

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