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ECSMOKE : une étude sur l’efficacité de la cigarette électronique controversée

15/11/2018  /   L'actu de la vape , L'actu Société/Santé/Loi

ECSMOKE : une étude sur l’efficacité de la cigarette électronique controversée

Lancée par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (L’AP-HP), l’étude sur l’efficacité de la cigarette électronique nommée Escmoke suscite des controverses notamment pour son coût.

12 consultations : la plus grande étude jamais réalisée

Le jour du lancement du Moi(s) sans tabac, L’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé la mise en place d’une étude nationale de grande envergure destinée à évaluer l’efficacité de la cigarette électronique, avec ou sans nicotine, comme une aide au sevrage tabagique, par rapport à un médicament, la varénicline (Champix). Cette étude inédite de par son ampleur repose sur le recrutement d’au moins 650 fumeurs âgés de 18 à 70 ans consommant au moins 10 cigarettes par jour et souhaitant arrêter de fumer. Au sein des 12 consultations de tabacologie d’hôpitaux (Angers, Caen, Clamart, Clermont-Ferrand, La Rochelle, Lille Lyon, Nancy, Nîmes, Paris, Poitiers, Villejuif), les participants seront suivis gratuitement durant 6 mois après l’arrêt du tabac. Les résultats de l’étude seront connus dans quatre ans.

4 ans : pas d’urgence pour les Hôpitaux

Une cigarette électronique sera fournie à chaque participant avec des e liquides saveur classic blond avec ou sans nicotine (12 mg/ml). Des comprimés de varénicline (un médicament d’aide à l’arrêt du tabac) ou sa version placebo leur seront également délivrés. Répartis par tirage au sort en trois groupes, l’un prenant des comprimés placebo et des liquides de vapotage sans nicotine. Quant au deuxième, seront administrés des comprimés placebo et des liquides avec nicotine et le troisième groupe, des comprimés de varénicline associés à des liquides sans nicotine. Avant le démarrage de l’étude, les participants seront accompagnés par un tabacologue et six fois tout au long du sevrage tabagique.
Après l’étude, les participants devront arrêter dans les 7 à 15 jours suivants. Grâce à des examens cliniques, biologiques et des questionnaires, leur addiction sera évaluée. Dans le cas où un participant rechute, il sera toujours intégré à l’étude. ECSMOKE ambitionne aussi de mesurer les risques associés, notamment chez les plus de 45 ans. Cet âge correspond en effet à celui à partir duquel la majorité des fumeurs est déjà touchée par un trouble de santé lié au tabagisme. L’objectif premier reste en revanche « d’être sûr et certain que la cigarette électronique avec nicotine est une aide à l’arrêt du tabac » comme l’explique le Dr Ivan Berlin, addictologue et pharmacologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Une évidence pour nous qui mettra quatre longues années à naître et dont le prix de la péridurale s’élevant entre 900 000 et 1 million d’euros risquerait bien de faire mal au contribuable français pour accoucher sur des résultats déjà connus.

 

Docteur Berlin, médecin Addictologie / toxicomanies et alcoologie à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière en charge de la conduite de l'étude ECSMOKE a répondu aux critiques lors d'une interview organisée par Vaping Post. Concernant la durée de cette étude, il s'exprime sur la difficulté à trouver des volontaires : " Cette durée de quatre ans est indicative. L’étude est menée dans 12 hôpitaux de l’AP-HP. Nous devons, pour avoir une étude parlante, recruter 650 à 700 volontaires. Ce n’est pas un recrutement massif, mais échelonné dans le temps. Pour chacun, une période de traitement et de suivi est nécessaire pour que les résultats soient probants, et que le cahier de suivi de chaque volontaire soit bien rempli. C’est une opération très lourde, ce cahier est très détaillé. Mais ce délai est surtout calculé en vertu de la difficulté à trouver des volontaires. Bien évidemment, si nous les trouvons plus rapidement, elle durera moins longtemps. C’est notre souhait, en arriver au bout le plus rapidement possible dans le respect du protocole. Les Français ne sont pas très habitués à se porter volontaire pour des études médicales. C’est peut-être culturel." Docteur Berlin insiste également sur l'importance de cette étude alors très attendue par le monde scientifique : " Les résultats seront publiés dans une des plus prestigieuses revues. Ils sont très attendus, y compris à l’étranger. Aux Etats-Unis, par exemple, où la FDA n’autorise pas des études similaires. J’ai reçu des messages de confrères anglais, qui m’ont dit que ce n’était pas la peine, qu’ils ont vu que la cigarette électronique marchait. Je leur ai répondu que nous n’en doutions pas, mais qu’ils auraient pu profiter de leur situation pour justement quantifier tout cela scientifiquement. Les autorités de santé en France l’attendent aussi. L’étude répondra à la question de savoir si la e-cigarette fonctionne mieux que les médicaments, dans quelle mesure, et ouvrira la possibilité de la faire prescrire par les médecins par exemple. Mais le plus important, c’est que cette étude sera la première du genre, conduite en toute indépendance de l’industrie pharmaceutique, du tabac et de la vape, sur des critères scientifiques rigoureux et financée par des fonds publics. La France, en ce domaine, sera à la pointe."

Entre 900 000 et 1 million d’euros investis 

Avec des résultats attendus dans 4 ans et plusieurs milliers d’euros investis, la gestation sera longue et douloureuse pour prouver ce que l’on sait déjà. La cigarette électronique est reconnue par de nombreux spécialistes et très récemment inscrite parmi les moyens les plus efficaces pour arrêter de fumer par l’Etat dans le cadre de la démarche du Moi(s) sans tabac au même titre que les autres substituts nicotiniques. Comme l’indique Marie Van der Schueren-Etévé, médecin tabacologue, « entre 2016 et 2017, on compte un million de fumeurs en moins, soit une baisse de 19%. Dans le même temps, on observe une augmentation de ventes de cigarettes électroniques de 17%. »  Heureusement que l’AP-HP va nous le confirmer et en plus sans l’expertise des professionnels de la vape sur l’utilisation de la cigarette électronique ! Sébastien Béziau, créateur du blog et du magazine VAPYOU et Vice-président de l’association SOVAPE s’est exprimé en leur nom : « Toujours les mêmes remarques sur cette étude… Un seul matériel, un seul taux de nicotine (entre 12 et 16, donc pas le maximum pour être efficace), une seule saveur. Mais aussi, un mix de « biais » qui dégradera forcément les résultats sur les performances de sevrage. » Tout ça pour ça ? Cependant, qui sait, elle peut sans doute aider à rassurer et à faire avancer la vape dans sa reconnaissance. Etude à suivre. 

 

 Claire

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