Le blog du Petit Vapoteur

Agnès Buzyn et la vape : au nom du principe de précaution !

26/03/2019  /   L'actu de la vape , L'actu Société/Santé/Loi

Agnès Buzyn et la vape : au nom du principe de précaution

Les retombées négatives d’une étude biaisée

Comme évoqué lors d’un précédent article, le collège américain de cardiologie avait récemment publié les premiers résultats d’une étude qui compare la santé des non-fumeurs et de vapoteurs ex-fumeurs. Sans pour autant établir un lien de cause à effet, cette dernière avait conclu : « le taux de crises cardiaques est supérieur de 34 % chez les vapoteurs comparé à celui des non-vapoteurs, que celui des maladies artérielles est lui plus élevé de 25 %, et celui de la dépression et de l’anxiété de 55 %. Evidemment puisque que les vapoteurs qui ont participé à cette étude sont des anciens fumeurs ! Après un sevrage tabagique, 20 années sont nécessaires pour que l’état de santé d’un ex-fumeur égalise celle d’un non-fumeur… Sauf que cette information n’a pas été précisée au sein de l’étude. Ainsi, on retrouve partout dans la presse que la vape accentue les risques de maladies cardio-vasculaires. Nous assistons alors à un recul supplémentaire d’Agnès Buzyn, ministre de la santé et des solidarités qui déclare lors de l’émission « Le Grand Jury » diffusée le 17 mars 2019 sur un RTL : « Nous ignorons les toxicités à long terme ».

Principe de précaution VS réduction des risques

L’année 2018 s’est clôturée encore une fois avec un bien triste chiffre : 78 000 décès et un cancer sur trois liés au tabagisme. Si arrêter de fumer était aussi simple, ce chiffre serait nettement en baisse. Or, la cigarette électronique est l’outil de réduction des risques le plus efficace en matière de sevrage tabagique, comme le démontre une étude publiée le 14 février 2019 dans The New England Journal of Medicine. Cependant, Agnès Buzyn « préfère que les gens arrêtent de fumer avec les substituts nicotiniques ». En prenant pour exemple la cigarette classique dont la première étude a été réalisée en 1960, elle estime que le recul sur les effets de la vape sur la santé est insuffisant. Mais une donnée ne laisse place à aucuns doutes : cet outil de sevrage est 95% moins nocif que la cigarette classique. Pourtant, notre ministre de la santé et des solidarités privilégie le principe de précaution.

Pensé à partir des années 1970 par le philosophe allemand Hans Jonas, le principe de précaution entre dans le droit international dans les années 1990. Rappelons-le, en France, ce principe a été inscrit dans la loi Barnier de 1995 et précise sa définition dans la Constitution en 2005 :

" Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veilleront, par application du principe de précaution, et dans leurs domaines d'attribution, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage." Alors que le dommage est bien le tabagisme qui tue, l’Etat français se positionne derrière le principe de précaution. D’après l’éditorialiste Les Echos Jean-Marc Vittori : « Depuis son entrée dans la Constitution il y a dix ans, il n'a servi à rien. Le Conseil constitutionnel n'a jamais rejeté une loi en son nom. Plutôt que de l'invoquer solennellement pour justifier une décision, le pouvoir judiciaire a le plus souvent joué la prudence. Ou renvoyé sur le pouvoir législatif qui a continué à autoriser ou interdire de nouvelles techniques (OGM, fracturation hydraulique pour le gaz de schiste...) dans la lignée de son action antérieure. Et pourtant des intellectuels, des chefs d'entreprise, des hommes politiques brocardent sans cesse ce principe qui empêcherait désormais de tout faire. » … Et de ne rien faire !  En matière de sevrage tabagique, l’Etat mène une politique de précaution à la place d’une politique de prévention basée sur la réduction des risques. La cigarette électronique qui donne deux fois de chances d’arrêter de fumer par rapport aux autres substituts nicotiniques, bien qu’efficace, attendra donc la fin du mandat d’Agnès Buzyn en 2022 pour être mieux reconnue. 


Petit retour en 2015 avec un reportage diffusé sur la chaîne LPC portant sur le principe de précaution de la cigarette électronique.

 Claire

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Adrenaleen

01/04/2019 15:16:54

C'est surprenant comme le fait d'invoquer le principe de précaution est à géométrie variable... On ne sait soi-disant pas les risques liés à la vape alors (à défaut de l'interdire), on la bride un maximum. On ne sait soi-disant pas les risques liés au glyphosate alors on lui laisse le champ libre... Heureusement que l'état est là pour nous protéger de la vape et pour nous nourrir à l'aide du glyphosate !

Ragjah

29/03/2019 23:33:02

Si on supprime le Tabac et l'essence, l'état qui nous gouverne deviendra pauvre. Ceci explique cela

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