Le blog du Petit Vapoteur

Agnès Buzyn et la reconnaissance de la vape : la chasse au dahu est ouverte !

25/01/2019  /   L'actu de la vape , L'actu Société/Santé/Loi

Agnès Buzyn et la reconnaissance de la vape : la chasse au dahu est ouverte !

Piloté par la direction générale de la santé, le groupe de travail « vapotage » constitué depuis juillet 2016 et visant à travailler sur le rôle de la vape dans la lutte contre le tabac est à présent arrêté. Après le constat d'une baisse progressive du tabagisme français et la lecture de l'avis du CESE, l'efficacité de la cigarette électronique est-elle devenue soudainement une légende pour Agnès Buzyn ? Quoi qu'il en soit, un tel basculement de la part de notre ministre de la santé et des solidarités contribue à faire chuter la reconnaissance de la vape comme un dispositif de prévention. De quoi avoir les jambes coupées, comme celles du dahu ! 

La limitation des risques, vous connaissez ?

La semaine dernière, comme nous l’avions évoqué au sein d’un précédent article, le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) préconise de reconnaître la cigarette électronique comme étant un dispositif de prévention à part entière. Mais c’était sans compter sur la grande marche arrière d’Agnès Buzyn, actuelle ministre de la santé et des solidarités. Le 1er juin 2018, elle avait publiquement déclaré dans le cadre d’une émission radio diffusée sur Europe 1 : « Nous ne connaissons pas très bien la toxicité de la cigarette électronique à long terme, mais c'est clairement moins toxique que le tabac, (… ) s'il faut en passer par là, nous ne sommes pas opposés bien entendu". Quelques mois plus tard, constitué depuis juillet 2016, le groupe de travail « vapotage » visant à travailler sur le rôle de la vape dans la lutte contre le tabac est tout simplement mis à l'arrêt. Il était composé de fédérations professionnelles, des associations de consommateurs, des professionnels de l'addiction ainsi que différentes autorités publiques. Illogique, d’autant plus qu’elle poursuit dans cette même émission : « Nous promouvons tout ce qui peut aider à arrêter de fumer".

La réponse à la question posée n°05881 par le sénateur Yves Daudigny fait basculer une possible politique de santé basée sur la réduction des risques face aux méfaits du tabagisme. Une réponse qui plombe notre morale et la santé publique. Vapoter est 95% moins nocif que fumer, MAIS, « le statut des produits du vapotage et leur éventuelle utilité dans le cadre d'une politique de lutte contre le tabac, fait l'objet de très fortes divergences au sein des États membres de l'Union Européenne. Lors des négociations de la directive 2014/40/UE, et face à l'impossibilité d'avoir une base scientifique suffisamment solide pour accorder à ce produit un rôle dans l'arrêt du tabac, il a été convenu d'un statut juridique ad hoc de « produit connexe du tabac » (produit de consommation courante très réglementé). »

Vous avez bien lu : « éventuelle utilité dans le cadre d’une politique de lutte contre le tabac. » Comment est-il possible de se féliciter dans les médias d’une réduction d’un million de fumeurs en France et nier l’efficacité de la cigarette électronique ? D’après l’Institut national de prévention et de l'éducation pour la santé (INPES), 98% des vapoteurs sont fumeurs ou ex-fumeurs ! En 2014, la création du comité de coordination du Programme national de réduction du tabagisme (PNRT) marquait le début d’un travail commun entre certains acteurs français de la vape et ceux de la santé. Lancé en juillet 2018, le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) pour la période 2018-2022, tend à « à amplifier cette dynamique en combinant des actions sanitaires et économiques » et sans en inclure les professionnels de la vape française.

Le PNLT avancera seul jusqu’en 2022 !

Lancé en 2014, le comité du PNRT a consulté les associations d'usagers de la vape et celles de prévention des addictions, qui en sont ensuite devenues les membres.  En parallèle, un groupe de réflexion excluant bien entendu les industriels du tabac avait intégré les acteurs de la vape. Durant la période de mise en place du PNRT, ce groupe de travail a participé à l'adoption des mesures de transposition de la directive 2014/40/UE. Les objectifs visaient notamment à réglementer les produits de la vape afin de limiter leur accessibilité auprès des jeunes. Et ce sont les travaux de ce même groupe qui ont débouché sur l’interdiction de vapoter dans certains les lieux à usage collectif et contribué à la préparation de la réglementation en matière de publicité ! Un point positif à relever : la vape a été mieux prise en compte dans la campagne Moi(s) sans tabac.

Créé en 2016, le groupe de travail « vapotage » au sein de la direction générale de santé étant à présent arrêté, seul le comité de coordination du PNLT sera chargé de mettre en place une stratégie 2018-2022 de lutte contre le tabac. Les fédérations professionnelles pourtant dotées d’une certaine expertise dans le cadre de l’utilisation technique de la cigarette électronique sont exclues de cet espace d’échanges : « Les usagers du vapotage devront privilégier cet espace pour faire connaître leurs positions et faire évaluer la connaissance sur ces produits. Les acteurs économiques ne font pas partie du comité de coordination, cette instance étant réservée à des organisations et institutions sans intérêts commerciaux. » Parlons d’intérêts. Pendant que le tabac tue et que la cigarette électronique sèvre, les intérêts fiscaux liés à l’augmentation du prix du tabac représentent chaque année un gain de 700 millions d’euros pour l’Etat français. Attendons alors les propositions formulées au sein du PNLT en 2022. Le temps, c’est de l’argent...

 Claire

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