Le blog du Petit Vapoteur

A la rencontre de Pr0bez, le coildbuilder français

30/10/2017  /   Ohm sweet Ohm

A la rencontre de Pr0bez, le coilbuilder français

Si ne vous faîtes pas partie de ceux qui aiment se rincer l’œil devant de magnifiques photos de montages, il est fort probable que vous n’ayez jamais entendu parler de lui. Pourtant, Clément, alias Pr0bez, est devenu en quelques années une référence dans l’univers du « coilbuilding ». Une notoriété qu’il doit à sa passion pour la création de résistances (ou « coils ») complexes, mais aussi à un vrai talent de photographe. Suivi par plus de 30 000 vapoteurs sur son compte Instagram, il est aussi régulièrement sollicité pour travailler avec des marques haut-de-gamme comme Dotmod ou 528 Custom Vapes. Une belle « success story » que ce « Frenchie » vivant en région parisienne compte bien poursuivre en lançant sa propre gamme de résistances pré-faites. L’occasion d’aller à sa rencontre pour en savoir un peu plus sur son parcours original.

Avant de parler « coilbuilding », peux-tu nous décrire tes premiers pas dans la vape ?

J’ai découvert la vape en 2013 sur les conseils d’un ami vapoteur.  A l’époque, j’étais un fumeur classique qui fumait son paquet de cigarettes tous les jours. Mon premier achat a été un CE4 que j’ai abandonné après trois jours d’utilisation. Pas parce que je n’étais pas convaincu par la cigarette électronique, mais plutôt parce que je voulais quelque chose de plus performant. Je me suis alors dirigé vers une batterie Ego VV associée à un Protank 2. Un mois plus tard, je découvrais les joies du reconstructible avec le Fogger V2. Une véritable horreur ! Mais ça ne m’a pas empêché de persévérer.

De gauche à droite : CE4, Protank 2 et Fogger V2

Est-ce que c’est cette recherche constante de la performance qui t’a donné envie de passer des montages simples aux montages complexes ?

Je me suis, effectivement, rapidement heurté aux limites des fils simples. J’en étais arrivé à faire des résistances en 20 gauge (0.8 mm, ndlr) sur mon Mephisto, et je n’étais toujours pas complétement satisfait du résultat. Je me suis alors intéressé au « coilbuilding » parce que je pensais, et je pense toujours d’ailleurs, que c’était le meilleur moyen pour optimiser la restitution des saveurs tout en conservant une production de vapeur conséquente.

 

Le Mephisto RDA et son plateau de montage monstrueux

Par qui ou par quoi as-tu été influencé à tes débuts ?

Quand j’ai commencé à « builder », début 2015, il n’y avait pas vraiment de « coilbuilders » français pour me conseiller. J’ai donc été chercher des inspirations en dehors de l’hexagone. C’était la période où la vape « Pinoy », celle qui venait des Philippines et qui avait popularisé le « power vaping », commençait à laisser sa place aux « clouds chasers » américains. J’ai tout simplement fait un mix des deux.

Rapidement, tu créés ton compte sur Instagram pour y montrer tes créations. Etiez-vous nombreux à avoir la même démarche en 2015 ?

Il y avait déjà une bonne communauté de « builders » sur Instagram quand j’ai créé mon compte. Beaucoup moins importante que celle d’aujourd’hui, mais elle existait quand même. Disons que j’ai fait partie de la deuxième vague, la première étant composée de Twisted Messes, Squidoode, Ohmboyoc et Blueeyedgoon83. Ce sont eux qui ont posé les jalons de ce qu’on voit aujourd’hui. Toutefois, j’ai eu la chance de ne pas arriver trop tard et de pouvoir contribuer de manière active à l’évolution des « builds ».

Dual Armadillo dans un Twisted Messes RDA Black and Gold

De quelle manière as-tu pu y contribuer ?

Tout simplement en créant de nouveaux concepts de « builds ». Ce qui serait impossible aujourd’hui car la plupart des concepts « simples » sont désormais connus depuis longtemps. Je suis donc heureux d’être à l’origine de grands classiques comme l’« Armadillo » ou le « Razorback ». Ma plus grande fierté restant le « Staplestaggerton » et ses dérivés.

Staplestaggerton

Tu parlais plus tôt d’une communauté de « coilbuilders ». As-tu l’occasion d’échanger avec certains d’entre eux ?

La majeure partie de mes amis dans la vape sont des « coilbuilders » américains et nous échangeons quotidiennement. Le fait de travailler avec des grandes marques du secteur fait que je suis de toute façon en relation avec un bon nombre d’entre eux. La communauté dont je parlais existe toujours, même si elle a pris de l’ampleur et qu’elle a tendance à se transformer en une communauté de photographes spécialisés dans la vape.

Staple Hélix par Widowmakervapor dans un Goon 1.5 Rose Gold, photo de Pr0bez

Tu travailles toi-même beaucoup les photos que tu postes sur Instagram. Est-ce que tu avais déjà de notions en photographie avant de commencer le « coilbuilding » ?

Absolument aucune ! Je m’y suis mis parce que je voulais mettre en valeur mes « builds ». Instagram étant un réseau social où tout passe par l’image, c’était une démarche logique, mais ça a surtout été un travail de longue haleine. Je pense d’ailleurs avoir été l’un des initiateurs de la montée en qualité du rendu photo des « coils » sur cette plateforme. J’ai utilisé pour cela des techniques avancées en macrophotographie, comme, par exemple, celle du « focus stacking ».  Des techniques qui m’ont plus tard permis de travailler pour des marques prestigieuses comme Dotmod, 528 Custom Vapes ou Fiber Freaks.

Dual Staplestaggerton dans un DotRDA 24

Tu viens de lancer ta gamme de « coils ». Qu’est ce qui t’a donné envie de sauter le pas ?

J’avais déjà fait des « coils » pour le compte d’un shop français en 2015. C’était d’ailleurs la première fois que des résistances complexes pré-faites étaient vendues en France. Après une petite pause, je suis revenu en 2017 avec l’ambition de devenir un acteur à part entière de l’industrie de la vape. C'est pour cette raison que j'ai décidé de lancer ma propre gamme.

En quoi tes « coils » sont différents de ceux que l’on trouve actuellement sur le marché ?

Les résistances pré-faites que je produis sont le fruit de plusieurs années de réflexion et d’essais. Je les ai conçues pour qu’elles aient un rendu des saveurs optimal et qu’elles soient compatibles avec le maximum de matériels possible. J’attache, en effet, une grande importance à la sécurité. Mes « Framed Staples » ont donc une valeur suffisamment haute pour ne pas être dangereux, même pour des utilisateurs de mods méca, à condition bien sûr d’avoir des accus performants. On pourrait penser que cela se fait au détriment de la réactivité des « coils », mais ce n’est pas le cas. L’augmentation de la valeur de la résistance étant compensée par la diminution de la masse à chauffer et par l’utilisation d’Inox.

Vue éclatée d'un Framed Staple

Tu sembles également accorder beaucoup d’importance à la qualité de ta production.

Ma production est complétement artisanale, aucun process n’est automatisé. Je manipule toujours les fils avec des gants en nitrile non poudrés et chaque résistance produite est nettoyée dans un bac à ultrasons dans un mélange d’eau et de vinaigre blanc. Elle est ensuite rincée à l’eau claire puis immédiatement séchée. Avant d’être mis en boîte, les « coils » sont intégralement vérifiés et scrutés avec une loupe de bijoutier. Si un défaut est détecté, comme par exemple un espacement dans le « clapton », les « coils » sont mis de côté.

L'équivalent d'une thalasso pour les coils

Que conseillerais-tu à un vapoteur qui voudrait se lancer dans le coilbuilding ?

D’acheter une bonne perceuse ! Il lui faudra aussi du fil, un étau, quelques pinces et des émerillons de pêche de bonne qualité. Une fois équipé, il pourra commencer à regarder des tutoriaux sur Youtube pour se mettre le pied à l’étrier. Enfin, une fois les concepts et les techniques maîtrisés, il ne lui restera plus qu’à s’amuser !

Vous pouvez retrouver les coils de Pr0bez sur le site du Petit Vapoteur.

Pour découvrir son compte Instagram, cliquez ici.

Morgan

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