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Comment soigner une addiction liée au tabagisme ? Rencontre avec un tabacologue

26/11/2018  /   L'actu de la vape , L'actu Société/Santé/Loi

Comment soigner une addiction liée au tabagisme ?

C’est bientôt la fin de Moi(s) sans tabac, vous avez résisté à la clope pendant plusieurs semaines et ce n’est donc pas le moment de céder à votre envie de fumer. Pour vous encourager à poursuivre vos efforts, nous avons rencontré François Dominique, infirmier tabacologue au Centre de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) de la Fondation Bon Sauveur de la Manche à Cherbourg avec qui nous avons évoqué les solutions possibles de sevrage tabagique.


1. Quelles sont les conséquences d’un arrêt de tabac ?

« Chaque fumeur souhaitant arrêter de fumer est confronté au syndrome de sevrage qui se traduit par plusieurs signes. Pendant environ 10 semaines, l’envie de fumer est extrêmement forte. Elle s’accompagne également d’insomnie pendant moins de quatre semaines et d’une augmentation de l’appétit ou du poids. Le sevrage génère des troubles de l’humeur qui devient dysphorique ou dépressive, la personne devient agitée, irritable, impatiente et manifeste de la frustration ainsi que de la colère. »

2. Quels conseils prodiguez-vous à chaque patient souhaitant arrêter de fumer ?

« Tout d'abord, je dis à la personne qu’il est aujourd’hui possible d’arrêter de fumer sans souffrir en annulant le syndrome de sevrage. La première étape consiste à évaluer son rapport à la nicotine et ensuite, l’orienter vers le traitement adapté. Au cours des consultations, je lui montre aussi un des bénéfices concrets d’un sevrage tabagique : l’amélioration des résultats du CO testeur, un appareil mesurant le taux de monoxyde de carbone, un gaz cancérigène issu de la combustion du tabac dont la présence est anormalement élevée chez les fumeurs. »

Source : Espace de Concertation et de Liaison Addictions Tabagisme Nord-Pas-de-Calais

3. Quels sont les traitements que vous proposez ?

« En premier lieu, le patch nicotiné dont la durée d’action est de 24h. Ensuite, le Champix ou Le Zyban qui est un antidépresseur. Je conseille également la cigarette électronique en leur préconisant de renoncer totalement à la cigarette pour notamment éviter le surdosage en nicotine. »

4. Pourquoi recommandez-vous l’utilisation de la cigarette électronique ?

« La cigarette électronique a démontré sa grande efficacité sur les personnes sujettes à la fois à une dépendance à la nicotine et à une dépendance comportementale qui constitue l’habitude du geste de fumer. Pour le traditionnel café-clope, je leur suggère de concentrer leur attention sur le café pour se détourner de la cigarette classique en investissant par exemple dans un bon café, en prenant le temps de bien le préparer. Il y a aussi le fait de fumer une cigarette pendant une soirée ou les pauses clopes avec ses collègues… Toutes ces habitudes sont autant difficiles à abandonner qu’elles représentent un risque de craquer une nouvelle fois pour le tabac. La cigarette électronique est donc là pour pallier cette dépendance comportementale. Elle doit s’utiliser dans de bonnes conditions et nécessite des explications en matière de fonctionnement, de choix des e liquides et des dosages… Il suffit de diminuer progressivement la nicotine et c’est beaucoup plus facile d’arrêter. Je connais des personnes telle que mon responsable hiérarchique, qui ont stoppé leur consommation de tabac du jour au lendemain et ce, grâce à l’utilisation de la cigarette électronique. Et une fois le fumeur devenu vapoteur, il n’existe plus de risques pour la santé. »

5. Quelles ont été vos interventions dans le cadre du Moi(s) sans tabac ?

« Mes collègues du CSAPA et moi-même avons mis en place pour la toute première fois un dispositif de location de cigarette électronique dédié aux personnes en situation de précarité et les jeunes. Les traitements tabagiques n’ont pas fonctionné sur elles. Les jeunes et les personnes en situation de précarité ont de grandes difficultés à arrêter de fumer et ne possèdent pas un budget élevé. A l’issue de l’évaluation d’un infirmier tabacologue de la Fondation Bon Sauveur de la Manche, il oriente la personne vers la proposition suivante. Elle doit s’engager à deux consultations sur une période d’un mois afin d’évaluer la pertinence de la substitution et le dosage de e liquide sans oublier de verser une caution de 10€. Le premier flacon de e liquide est fourni, la personne doit acheter les suivants. A la fin de l’essai, si la personne veut poursuivre son sevrage à l’aide de sa cigarette électronique louée, elle peut la garder. Sinon, elle rendra la cigarette électronique contre le versement de 10€, soit 20€ au total avec la caution. »

6. Un dernier conseil ?

« Le tabac est une puissante drogue. Une cigarette classique contient 1 mg de nicotine et l’envie de fumer apparaît au bout de 2 min. Le tabagisme passif représente aussi un danger auquel l’opinion publique n’est pas assez informée. Alors, pour votre santé et celle de vos proches, ne perdez pas de vue votre objectif ! Et si vous souhaitez bénéficier des conseils personnalisés d’un professionnel de santé, n’hésitez-pas à consulter un tabacologue. »

Caution et dons de cigarettes électroniques, le sevrage tabagique accessible à tous

A l’instar du dispositif mis en place dans le cadre du Moi(s) sans tabac par François Dominique et toute son équipe, La Vape du Cœur, une association de loi 1901 reconnue d’intérêt général basée à Caen, vient en aide aux personnes majeures fumeuses ou ex-fumeuses confrontées à des difficultés financières. Afin de garantir l’accès gratuit à un substitut au tabac fumé, elle leur distribue du matériel pour la vape (vaporisateurs personnels ou e cigarettes, e liquides ou accessoires).

Comme Le Petit Vapoteur qui donne du matériel, vous pouvez également agir pour rendre la vape accessible à ceux qui sont le plus isolés. Vous pouvez devenir Membre de Cœur (adhérent), bénévole, faire un don de matériel ou un don financier.


Infirmier en psychiatrie en 1985, Dominique François participe en 1997 à l’ouverture du Centre de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) de la Fondation Bon Sauveur de la Manche à Cherbourg. Diplômé en addictologie en 2011 à l’Université de Kremlin-Bicêtre et en tabacologie en 2016, il accompagne au quotidien les patients du CSAPA et les usagers du Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction de risques pour Usagers de Drogues (CARUUD) dans leur rapport à l’addiction.

Centre de Soins d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA)
7 Rue des Moulins, 50100 Cherbourg-en-Cotentin
Tél. : 02 33 10 03 03

Claire

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